Jeudi 21 Juin 2018

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Titre:      Observations sur la traduction latine de la description de la France dans l'abrégé de la géographie d'Edrisi
Catégorie:      Bibliothèque virtuelle
LivreID:      11255
Auteurs:      Gérard Troupeau
ISBN-10(13):      11255
Editeur:      Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée
Date de publication:      1973
Number of pages:      7
Langue:      Français
Prix:        
Evaluation:      0 
Image:      cover
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Description:     

Observations sur la traduction latine de la description de la France dans l'abrégé de la géographie d'Edrisi

Volume   15   lien Numéro   15-16   lien pp. 359-366


 

1154. le géographe arabe Idrisi cartographie la Bretagne

Il était musulman, mais travaillait pour un roi chrétien : le géographe Idrisi a pu donner toute la mesure de son talent dans un royaume qui a rayonné, au XIIe siècle, sur tout le monde médiéval : la Sicile. Imprégnée par son histoire et par les cultures latines, byzantines et musulmanes, l’île a été conquise par les Normands d’Europe du nord sur les Arabes au XIe siècle. Cet État aux multiples influences accueille alors nombre de savants européens ou orientaux. C’est le cas d’Al-Sharîf al-Idrisi, né à Ceuta, au Maroc, en 1099 qui après de nombreux voyages, devient, en 1140, le géographe officiel du roi Roger II de Sicile.


Treize villes bretonnes

Les descriptions des chroniqueurs francs sur la Bretagne et des Bretons, au milieu du Moyen Âge, ne sont en général guère flatteuses. Idrisi n’est guère plus complaisant lorsqu’il décrit la péninsule : « Les pays que nous venons de décrire se ressemblent entre eux sous le rapport des productions du sol et de l’état de la population. Les maisons sont contiguës, les ressources de toutes espèces et les céréales abondantes ; mais la population y est généralement ignorante, grossière et insouciante. ».

Le géographe nomme treize villes Rennes, Nantes, Raïs, Redon, Vannes, Quimperlé, Quimper (sans doute Penmarc’h), Leones (Douarnenez), Saint-Mathieu, Saint-Malo, Dinan, Dol et Saint-Michel. Il indique des distances entre elles et les grands itinéraires. Sur sa carte, on distingue deux massifs montagneux, peut-être le Mené et les monts d’Arrée. Idrisi donne aussi quelques détails sur ces villes. Ainsi, Nantes : « grande, bien bâtie, bien peuplée […] Elle est agréable, fortifiée et sa terre est fertile » ou Rennes : « C’est une grande ville, peuplée, pourvue en vivres, entourée de fortes murailles, où l’on peut se livrer à des spéculations mercantiles. »

On apprend aussi que « de Dinan à Dol, on compte cinquante miles ; C’est une ville prestigieuse, située au milieu du Golfe avec des marchés animés et un bon commerce. On y trouve des grains, on y boit l’eau des puits, bien qu’il s’y trouve aussi des sources. Et il s’y exploite des vignobles et des plantations. ».

(Source: Erwan Chartier-Le Floch, journaliste et secrétaire de rédaction au magazine ArMen et chercheur au CRBC de Rennes.)